« Celui que Dieu a envoyé prononce les Paroles de Dieu » (Jn 3, 34)

 

Lectio Divina - Saint Jean l'Evangéliste

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COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

 

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : « Dieu éternel et tout-puissant, unique espoir du monde, toi qui annonçais par la voix des prophètes les mystères qui s'accomplissent aujourd'hui, Daigne inspirer toi-même les désirs de ton peuple, puisqu'aucun de tes fidèles ne peut progresser en vertu sans l'inspiration de ta grâce. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen»

 



 

 

DIMANCHE 20 FÉVRIER 2011

Lecture suivie : Jn 3, 1 – 8   « l’Esprit souffle où il veut»

Référence complémentaire : Livre de la Sagesse (Sg 9, 9 – 18) 

Avec toi, Seigneur, est la Sagesse, qui connaît tes œuvres et qui était présente quand tu faisais le monde; elle sait ce qui est agréable à tes yeux et ce qui est conforme à tes commandements. Mande-la des cieux saints, de ton trône de gloire envoie-la, pour qu'elle me seconde et peine avec moi, et que je sache ce qui te plaît; car elle sait et comprend tout. Elle me guidera prudemment dans mes actions et me protégera par sa gloire. Alors mes œuvres seront agréées, je jugerai ton peuple avec justice et je serai digne du trône de mon père. Quel homme en effet peut connaître le dessein de Dieu, et qui peut concevoir ce que veut le Seigneur? Car les pensées des mortels sont timides, et instables nos réflexions; un corps corruptible, en effet, appesantit l'âme, et cette tente d'argile alourdit l'esprit aux multiples soucis. Nous avons peine à conjecturer ce qui est sur la terre, et ce qui est à notre portée nous ne le trouvons qu'avec effort, mais ce qui est dans les cieux, qui l'a découvert? Et ta volonté, qui l'a connue, sans que tu aies donné la Sagesse et envoyé d'en haut ton esprit saint? Ainsi ont été rendus droits les sentiers de ceux qui sont sur la terre, ainsi les hommes ont été instruits de ce qui te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés."



 

LUNDI 21 FÉVRIER

Lecture suivie : Jn 3, 1 – 8   « l’Esprit souffle où il veut»

Texte de méditation : SAINT BERNARD (Sur le Cantique)

Il nous faut être vigilants et attentifs à l'œuvre du salut qui s'accomplit en nous, car c'est avec une admirable subtilité et la délicatesse d'un art divin que le Saint Esprit accomplit continuellement cette œuvre au plus intime de notre être. Que jamais cette onction, qui nous enseigne tout, ne nous soit enlevée sans que nous en ayons conscience et que jamais sa venue ne nous prenne à l'improviste. Il s'agit au contraire d'avoir le regard toujours aux aguets et le cœur grand ouvert pour recevoir cette bénédiction généreuse du Seigneur. Dans quelles dispositions l'Esprit veut-il nous trouver ? « Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces. » Il ne revient jamais les mains vides de la table céleste et de toutes les joies qu'elle prodigue. Il nous faut donc veiller, et veiller à toute heure, car nous ne savons jamais à quelle heure l'Esprit va venir, ni à quelle heure il s'en ira une nouvelle fois. L'Esprit va et vient (Jn 3,8) ; si grâce à lui on tient debout, lorsqu'il se retire, on tombe inévitablement, mais sans se briser, car le Seigneur nous retient par la main. Et cette alternance de présence et d'absence, l'Esprit ne cesse de la faire vivre à ceux qui sont spirituels, ou plutôt à ceux qu'il a l'intention de rendre spirituels. C'est pourquoi il les visite à l'aube, puis soudain les met à l'épreuve.



 

MARDI 22 FÉVRIER

Lecture suivie : Jn 3, 9 – 21         « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils »

Référence complémentaire : Première Epître de saint Jean (Jn 4, 7 – 16)

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est Amour. En ceci s'est manifesté l'amour de Dieu pour nous: Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. En ceci consiste l'amour: ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l'a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. A ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et lui en nous: il nous a donné de son Esprit. Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour: celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui.



 

MERCREDI 23 FÉVRIER

Lecture suivie : Jn 3, 9 – 21    « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils »

Texte de méditation : SAINT AUGUSTIN (Sur Jn)

Le Christ a pris la mort, il l'a attachée à la croix, et les hommes mortels ont été délivrés de la mort. Ce qui était arrivé symboliquement autrefois, le Seigneur le rappelle : « De même que Moïse à élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle » (Jn 3,14). Mystère profond ! Le Seigneur ordonna en effet à Moïse de fabriquer un serpent d’airain, de l'élever sur un bois au milieu du désert et d’avertir le peuple d’Israël que, si quelqu’un était mordu par un serpent, il regarde le serpent élevé sur le bois. Ils regardaient et ils étaient guéris (Nb 21,6-9). Que représentent les serpents qui mordent? Les péchés qui proviennent de la mortalité de la chair. Et quel est le serpent qui est élevé ? La mort du Seigneur en croix. En effet, comme la mort est venue par le serpent (Gn 3), elle a été symbolisée par l’effigie d’un serpent. La morsure du serpent donne la mort ; la mort du Seigneur donne la vie. Qu'est-ce à dire ? Pour que la mort n’ait plus aucun pouvoir, on regarde la mort. Mais la mort de qui ? La mort de la Vie, si on peut parler de la mort de la Vie, et comme on peut le dire, l'expression est merveilleuse. Est-ce que je vais hésiter à dire ce que le Seigneur a daigné faire pour moi ? Le Christ n'est-il pas la Vie? Et pourtant le Christ a été crucifié. Le Christ n'est-il pas la Vie ? Et pourtant le Christ est mort. Dans la mort du Christ, la mort a trouvé la mort ; la plénitude de la Vie a englouti la mort, la mort a été anéantie dans le corps du Christ. C'est ce que nous dirons à la résurrection quand, triomphants, nous chanterons: « Mort, où est ta puissance ? Mort, où est ton aiguillon ? » (1Co 15,55).



 

JEUDI 24 FÉVRIER

Lecture suivie : Jn 3, 22 – 26         « qui a l’épouse est l’époux »

Référence complémentaire : Livre du prophète Isaïe (Is 61, 10 à 62, 5)

Je suis plein d'allégresse en Yahvé, mon âme exulte en mon Dieu, car il m'a revêtu de vêtements de salut, il m'a drapé dans un manteau de justice, comme l'époux qui se coiffe d'un diadème, comme la fiancée qui se pare de ses bijoux. Car de même que la terre fait éclore ses germes et qu'un jardin fait germer sa semence, ainsi le Seigneur Yahvé fait germer la justice et la louange devant toutes les nations. A cause de Sion je ne me tairai pas, à cause de Jérusalem je ne me tiendrai pas en repos, jusqu'à ce que sa justice jaillisse comme une clarté, et son salut comme une torche allumée. Alors les nations verront ta justice, et tous les rois ta gloire. Alors on t'appellera d'un nom nouveau que la bouche de Yahvé désignera. Tu seras une couronne de splendeur dans la main de Yahvé, un turban royal dans la main de ton Dieu. On ne te dira plus: "Délaissée" et de ta terre on ne dira plus: "Désolation." Mais on t'appellera: "Mon plaisir est en elle" et ta terre: "Epousée." Car Yahvé trouvera en toi son plaisir, et ta terre sera épousée. Comme un jeune homme épouse une vierge, ton bâtisseur t'épousera. Et c'est la joie de l'époux au sujet de l'épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet.



 

VENDREDI 25 FÉVRIER

Lecture suivie : Jn 3, 22 – 26         « qui a l’épouse est l’époux »

Texte de méditation : RUPERT DE DEUTZ (la Trinité)

« J'exulte de joie dans le Seigneur et mon âme jubile en mon Dieu » (Is 61,10). L'avènement, la présence du Seigneur, dont parle le prophète dans ce verset, est ce baiser que désire l'épouse du Cantique des cantiques lorsqu'elle dit : « Qu'il me donne un baiser de sa bouche » (Ct 1,1). Et cette épouse fidèle c'est l'Église : elle est née dans les patriarches, elle s'est fiancée en Moïse et dans les prophètes ; du désir ardent de son cœur, elle soupirait pour que vienne le Bien-Aimé. Pleine de joie maintenant qu'elle a reçu ce baiser, elle s'écrie dans son bonheur : « J'exulte de joie dans le Seigneur ! »  Participant à cette joie, Jean Baptiste, l'illustre « ami de l'Époux », le confident des secrets de l'Époux et de l'épouse, le témoin de leur amour mutuel, déclarait : « L'époux est celui à qui l'épouse appartient ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il entend la voix de l'époux et il en est tout joyeux. C'est ma joie, et j'en suis comblé » (Jn 3,29). Sans aucun doute, celui qui a été le précurseur de l'Époux en sa naissance, le précurseur aussi de sa Passion lorsqu'il est descendu aux enfers, a annoncé la Bonne Nouvelle à l'Église qui se trouvait là, dans l'attente.



 

SAMEDI 26 FÉVRIER

 

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

 

Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.

Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.

Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).