« Soyez enracinés, fondés dans le Christ » (Col 2, 7)

Lectio Divina - Lettre de saint Paul aux Colossiens

Vous pouvez télécharger la version PDF en cliquant ici : Colossiens, semaine 4

 

COMMENT VIVRE LA LECTIO DIVINA QUOTIDIENNE

  • Commencer le temps quotidien de Lectio Divina par une prière à l’Esprit Saint. On peut prier par exemple une strophe du « Veni Creator » : « Esprit Saint, Fais-nous voir le visage du Très-HautEt révèle-nous celui du FilsEt toi l'Esprit commun qui les rassembleViens en nos cœurs, qu'à jamais nous croyions en toi».
  • Lire avec attention les textes proposés pour la journée. Les accueillir comme notre nourriture du jour, les prier en silence, ruminer cette Parole de Dieu. Peut-être noter sur un carnet une référence, un verset…
  • Conclure le temps de Lectio Divina par une acclamation de la Parole de Dieu reçue, par le Notre Père ou par une autre prière. Par exemple : "Dieu qui a choisi Paul de Tarse pour en faire un Apôtre de l’Evangile, accorde-nous d’être confortés dans cette foi qu’il a portée avec audace et persévérance. Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen"

 


DIMANCHE 6 NOVEMBRE 2011

Lecture suivie : Col 1, 24 – 29 « je me réjouis dans mes souffrances pour vous »

Référence complémentaire : Evangile selon saint Jean (Jn 12, 24 – 33)

En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera. Maintenant mon âme est troublée. Et que dire? Père, sauve-moi de cette heure! Mais c'est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom!" Du ciel vint alors une voix: "Je l'ai glorifié et de nouveau je le glorifierai." La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu'il y avait eu un coup de tonnerre; d'autres disaient: "Un ange lui a parlé." Jésus reprit: "Ce n'est pas pour moi qu'il y a eu cette voix, mais pour vous. C'est maintenant le jugement de ce monde; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors; et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi." Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir.

 


LUNDI 7 NOVEMBRE

Lecture suivie : Col 1, 24 – 29 « je me réjouis dans mes souffrances pour vous »

Texte de méditation : MAURICE BLONDEL (L’Action)

La souffrance en nous est comme une semaille. C’est justement parce que la semence est répandue, qu’elle demeure sans qu’on puisse la ravir ; elle pourrit pour être féconde. La douleur est comme cette décomposition nécessaire à la naissance d’une œuvre plus pleine. Qui n’a pas souffert d’une chose ne la connaît ni ne l’aime. Et cet enseignement se résume d’un mot, mais il faut du cœur pour l’entendre : le sens de la douleur, c’est de nous révéler ce qui échappe à la connaissance et à la volonté égoïste ; c’est d’être la voie de l’amour effectif, parce qu’elle nous déprend de nous, pour nous donner autrui et pour nous solliciter à nous donner à autrui. Car elle n’opère pas en nous son heureux effet sans un concours actif : elle est une épreuve parce qu’elle force les secrètes dispositions de la volonté à se manifester. Elle gâte, aigrit, endurcit ceux qu’elle n’attendrit et n’améliore point. Rompant l’équilibre de la vie indifférente, elle nous met en demeure d’opter entre ce sentiment personnel qui nous porte à nous replier sur nous-mêmes en excluant violemment toute intrusion, et cette bonté qui s’ouvre à la tristesse fécondante et aux germes qu’apportent les grandes eaux de l’épreuve.

 


MARDI 8 NOVEMBRE

Lecture suivie : Col 2, 1 – 8 « marchez dans le Christ, enracinés, fondés en lui »

Référence complémentaire : Epître de saint Paul aux Romains (Ep 3, 14 – 21)

Je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom. Qu'Il daigne, selon la richesse de sa gloire, vous armer de puissance par son Esprit pour que se fortifie en vous l'homme intérieur, que le Christ habite en vos coeurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l'amour. Ainsi vous recevrez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu'est la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur, vous connaîtrez l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance, et vous entrerez par votre plénitude dans toute la Plénitude de Dieu. A Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir, à Lui la gloire, dans l'Eglise et le Christ Jésus, pour tous les âges et tous les siècles! Amen.

 


MERCREDI 9 NOVEMBRE

Lecture suivie : Col 2, 1 – 8« marchez dans le Christ, enracinés, fondés en lui »

Texte de méditation : ELISABETH DE LA TRINITÉ (La grandeur de notre vocation)

« Marchez en Jésus-Christ, enracinés en Lui, édifiée sur Lui, affermis dans la foi et croissant en Lui dans l’action de grâces » (Col 2,6-7). Oui, petite enfant de mon âme et de mon cœur, marche en Jésus-Christ : il te faut cette voie large, tu n’es pas faite pour les sentiers étroits d’ici-bas ! Sois enracinée en Lui, et pour cela déracinée de toi-même ou faisant tout comme : c’est-à-dire te niant chaque fois que tu te rencontres. Sois édifiée sur Lui, bien haut au-dessus de ce qui passe, là où tout est pur, tout est lumineux. « Sois affermie en la foi, c’est-à-dire n’agis que sous la grande lumière de Dieu, jamais d’après les impressions, l’imagination. Crois qu’Il t’aime, qu’Il veut t’aider Lui-même dans les luttes que tu as à soutenir. Crois à son amour, son trop grand amour comme dit saint Paul : nourris ton âme des grandes pensées de la foi qui lui révèlent toute sa richesse et la fin pour laquelle Dieu l’a créée ! Si tu vis en ces choses, ta piété ne sera pas une exaltation nerveuse, comme tu le crains, mais elle sera vraie. C’est si beau la vérité, la vérité de l’amour : « Il m’a aimé, Il s’est livré pour moi », voilà, petite enfant, ce que c’est qu’être vrai !

 


JEUDI 10 NOVEMBRE

Lecture suivie : Col 2, 9 – 15« il a supprimé notre dette en la clouant sur la croix »

Référence complémentaire : 1ère épître aux Corinthiens (1 Co 1, 18 - 25)

Le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai. Où est-il, le sage? Où est-il, l'homme cultivé? Où est-il, le raisonneur de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? Puisqu'en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants. Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

 


VENDREDI 11 NOVEMBRE

Lecture suivie : Col 2, 9 – 15 « il a supprimé notre dette en la clouant sur la croix »

Texte de méditation : SAINT THEODORE LE STUDITE (Homélie)

Quel don infiniment précieux que la Croix ! Oui, comme sa vue est belle ! La beauté qu'elle nous présente n'est pas mêlée de mal et de bien, comme jadis l'arbre du jardin d’Éden. Elle est tout entière admirable et belle à voir et à partager. En effet, c'est un arbre qui donne la vie et non la mort ; la lumière et non l'aveuglement. Elle fait entrer dans l’Éden, elle n'en fait pas sortir. Cet arbre sur lequel le Christ est monté, comme un roi sur son char de triomphe, a perdu le diable, qui avait le pouvoir de la mort, en délivrant le genre humain de l'esclavage du tyran. C'est sur cet arbre que le Seigneur, comme un combattant d'élite, blessé aux mains, aux pieds et à son côté divin, a guéri les cicatrices du péché, c'est-à-dire notre nature blessée par le dragon mauvais. Après avoir été mis à mort par le bois, nous avons trouvé la vie par le bois ; après avoir été trompés par le bois, c'est par le bois que nous avons repoussé le serpent trompeur. Quels échanges surprenants ! La vie au lieu de la mort, l'immortalité au lieu de la corruption, la gloire au lieu de la honte ! C'est avec à-propos que l'Apôtre s'est écrié : Je ne veux trouver ma gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ par qui le monde a été crucifié pour moi et moi pour le monde ! Car cette sagesse au-dessus de toute sagesse, qui a fleuri sur la croix, a rendu stupides les prétentions de la sagesse du monde. La connaissance de tout bien qui a fructifié sur la croix a retranché les bourgeons du mal. C'est par la croix que la mort a été tuée, et Adam rendu à la vie. C'est par la croix que tous les Apôtres ont été glorifiés, tous les martyrs couronnés, tous les saints sanctifiés. C'est par la croix que nous avons revêtu le Christ et dépouillé l'homme ancien. C'est par la croix que nous avons été ramenés comme les brebis du Christ, et que nous sommes rassemblés dans la bergerie d'en haut.

 

 


SAMEDI 12 NOVEMBRE

PROPOSITION POUR LA JOURNÉE DU SAMEDI

REPRISE D’UNE SEMAINE DE LECTIO DIVINA

  • Avant d’entrer dans une nouvelle semaine (qui commence, pour les chrétiens, le samedi soir), nous vous proposons de prendre le temps aujourd’hui, en fin de semaine, de ressaisir ce qui a été votre « nourriture » de la Parole de Dieu reçue cette semaine pour l’orienter vers la prière et surtout la contemplation.
  • Pour la Lectio de ce jour, vous pouvez soit reprendre un des textes bibliques proposés durant la semaine, soit éventuellement reprendre les versets de l’Ecriture Sainte que vous aurez glanés au long des lectio de ces derniers jours et que vous aurez pu noter.
  • Cela nous permettra de vivre cette journée de Lectio dans le rayonnement de la prière de la Bienheureuse Vierge Marie, qui, docile à l’action en elle de l’Esprit Saint, « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur » (cf. Lc 2,19 et 51).